

Que retenir de cet Allemagne-Angleterre ? La faute d’arbitrage ou la danse allemande ? Les deux, parce que l’un ne va pas sans l’autre. Alignées dans leur formation classique depuis le début du Mondial, ces deux équipes promettaient un match serré, au couteau. Des promesses éteintes, dans un premier temps par Klose et Podolski. Puis ressuscitées par Upson et… presque-Lampard. Parce qu’à l’exception de l’arbitre et de ses assesseurs, le monde entier a vu sur le moment, le ballon franchir la ligne. Le monde entier. Et j’ai quand même du mal à croire que cela ait échappé aux ex-hommes en noir.
De toute façon qu’ils l’aient vu ou pas, c’est une faillite de leur part : hormis le lever de drapeau l’autre obligation de l’arbitre de ligne c’est d’être bien placé ! Cette bêtise sans nom de l’Uruguayen et de ses acolytes a évidemment défiguré la partie. Au retour des vestiaires, les coéquipiers de Gerrard ont perdu une grande part de leur combativité et de leur envie - je ne mentionne pas le plan de jeu, parce que je n’ai pas l’impression qu’ils en aient jamais eu.
En conséquence, les vannes allemandes se sont ouvertes et ont inondé un camp britannique aux digues trop fragiles. Johnson, Cole, Terry et Upson ont été étirés de toutes parts par Özil, Muller et Podolski aussi à leur aise que dans la défense de Rostock. Sans oublier la caricature James, qui confond le football et une partie de balle au prisonnier ; sur chaque but, il a soigneusement esquivé le ballon : du grand art ! Le but annulé explique en partie la qualité de la prestation anglaise. En partie seulement, car depuis le début du Mondial, les Anglais ont exprimé des limites trop franches pour penser que seul ce but a tout fait basculer. Etats-Unis, Algérie, Slovénie : les hommes de Capello n’ont pris le dessus sur aucune de ces équipes. Celui que l’on attendait comme le messie a échoué tactiquement et humainement. Son équipe n’a présenté aucune identité et ses choix ont été récusés par certains cadres – notamment la non-titularisation de Joe Cole. Finalement aucun sélectionneur n’aura su faire jouer cette génération, ensemble, pour la faire gagner.
En face, les Allemands ont dégagé une maîtrise étonnante compte tenu de leur jeunesse. Même Neuer, le point faible de l’équipe a fait son match. Entraînée par Joachim Löw qui révèle de véritables qualités à ce poste – baser son équipe sur de très jeunes joueurs, leur donner une identité de jeu – je sens une équipe sûre de son fait et qui devrait s’endurcir au fil de la compétition. Toutefois les longs moments de faiblesse exhibés contre la Serbie et le Ghana m’invitent tout de même à la prudence.
Au prochain tour la Nationalmannschaft défiera des Argentins, également dans les petits papiers de la Fifa et des arbitres. Malgré un début de match timide, le onze de Maradona a rapidement pris la mesure d’une équipe talentueuse, pleine de promesses – Vela, Giovanni, Guardado, Hernandez – mais limitée dans l’expérience.
Et face aux trois attaquants de Maradona cela n’a pas pardonné : par deux fois Tevez a martyrisé la lourde défense aztèque éteignant leur velléités et volant, au passage, la vedette à Messi muet depuis le début de la compétition. Et pourtant ce n’est pas faute de tenter ; très entreprenant, il participe activement aux performances de son équipe… Dans l’anonymat général. Car pour le grand public – composé principalement d’incompétents - seuls les buts comptent. Mais ne l’enterrons pas trop vite : ce genre de joueurs meurent difficilement. Toutefois au prochain match, la qualité offensive des Gauchos pourrait ne pas suffire. En effet la défense semble lourde et laisse entrevoir des limites, qu’une équipe avec le talent de l’Allemagne exploitera aisément. En attendant, je ne crois pas davantage en Maradona. Je crains pour lui, le moment où les compétences tactiques seront nécessaires.


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