Chronofoot

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vendredi 25 juin 2010

Pas de "bis repetita"


Déclarée reine du monde il y a 4 ans, l’Italie a été déchue sans gloire. Sans gloire, dans un groupe où même les plus pessimistes ne l’imaginaient pas éliminée. On sait que cette coupe du Monde manque de relief, de vernis ; on sait aussi qu’elle est devenue le lieu où les valeurs supposées perdent leur sens… Mais ce qu’on ne savait pas c’est que les grandes équipes afficheraient leurs limites aussi facilement.
Paraguay, Nouvelle-Zélande, Slovaquie… Vous ne rêvez pas ! L’Italie n’a battu aucune de ces nations. Après le nul contre les Sud-américains je pensais qu’on avait affaire à l’habituelle entrée en compétition des italiens : difficile et poussive (1998, 199, 1982). Puis contre les Néo-Zélandais, je me suis laissé abusé en me convainquant que c’était un jour sans. Et contre les Slovaques, je me suis aperçu que je me suis menti du début à la fin.

Les médias français, qui observent la Squadra Azzurra mais ne la connaissent pas, résument l’élimination par l’âge des joueurs. Débile ! Avec une moyenne d’âge supérieure, les Français sont devenus vice champions du Monde en 2006. Donc ça n’a aucun sens. L’explication est plus simple : l’Italie n’a plus de talents. Une carence tellement profonde qu’elle a été incapable de se sortir d’un groupe largement accessible. Beaucoup de titulaires ne sont plus au niveau : Cannavaro, Zambrotta, Camoranesi, Gattuso, Iaquinta, Gilardino ; quant aux remplaçants, ils ne le sont pas d’avantage. D’ailleurs, il a fallu attendre la deuxième mi-temps du dernier match, et un Pirlo à court de compétition, pour assister à un jeu inspiré.
Certes, l’équipe s’est battu et a donné tout ce qu’elle avait. Mais ce « tout » était insuffisant. Et que dire du fait qu’on a dû attendre la dernière ½ heure pour assister au siège de la zone slovaque ? Sans parler des erreurs individuelles à l’origine des 5 buts encaissés durant la compétition... Une honte dans l’ex-pays de la défense sacrée.

Architecte du sacre de Berlin, Lippi ne peut pas être oublié à l’heure du procès. Méprisant les critiques sur ses choix, il ne daigna – quasiment jamais – répondre de ceux-ci, se contentant de répéter qu’il n’y a aucun fuoriclasse parmi les joueurs non-sélectionnés. Miccoli à la place de Pepe ou Cassano à la place de Camoranesi ça aurait pourtant eu de la gueule… Il y a quelques jours j’écrivais que Lippi avait l’entêtement des gens qui savent là où ils vont, manifestement il a perdu sa boussole. Les choses sont simples : tu peux faire le malin, le marginal avec des choix contestables mais derrière t’as intérêt d’être bon ; dans le cas contraire, tu prends cher ! Or Lippi n’a pas été bon. Pourtant il a eu toute la latitude et tout le soutien fédéral nécessaires pour façonner un groupe selon sa vision du jeu. Dommage…Maintenant on devra se taper les Slovaques en huitièmes…

Une dernière chose. Que les Français arrêtent de comparer leur situation à celle des Italiens, histoire de ne pas se sentir seuls dans la médiocrité ! Tous deux ont été éliminés très tôt, mais les uns ont été vaincus dans la honte tandis que les autres sont tombés avec honneur… L’honneur des combattants.

1 commentaire:

Le Pourfendu a dit…

Tombés avec honneur? Tu blagues non?

Si tout donner contre la Slovaquie et n'en s'en tirer qu'avec une pietre defaite s'appelle combattre avec honneur, nous n'avons pas la meme conception de l'honneur...

Au meme titre que la France, l'Italie a ete ridicule, l'unique difference est qu'ils ne se sont pas donnés en spectacle.