Chronofoot

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vendredi 6 mai 2011

"Débats d'idées"


La polémique des quotas, comme elle a été baptisée par les médias, vire au pathétique. Les anciennes gloires de France 98 se déchirent en deux camps ethniques : les Noirs jugent que des sanctions doivent être prononcées et les Blancs considèrent qu'il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau. Un schisme illustré par l'affrontement médiatique entre Thuram et Dugarry.

Le premier a été le pourfendeur le plus véhément de la DTN. Habitué des sorties parfois intempestives sur tous les sujets touchant aux Noirs, il est difficile cette fois-ci de lui donner tort. Factuel, il considère que les événements actuels confinent au scandale et à ce titre les responsables doivent être punis. Peu grégaire, il n'exclue pas non plus des sanctions à l'encontre de Blanc qu'il n'absout pas sous prétexte d'une carrière exemplaire.

Pour le second, le procès instruit est impertinent : Blanc est son ami, il n'est pas raciste et les quotas proposés n'ont pas été concrétisés. Renforcé par les avis convergents de la majorité de la troupe de 98, ses arguments ont le vent en poupe.
Et c'est là que réside le problème.

Intellectuellement ses raisons manque de fondement. Reprenons-les une à une.

Laurent Blanc n'est pas raciste.
Qui a dit le contraire? Le débat ne porte pas sur les convictions du sélectionneur ou sur celles de son voisin. Il ne s'agit pas d'un procès ad hominem. Le débat porte uniquement sur les quotas envisagés par certains cadres de la DTN et sur l'assentiment de Blanc aux dits quotas. Si l'idée des quotas relève de l'illégalité, et c'est le cas, ceux qui l'ont soutenue doivent être punis quels que soient leur fonction et leur pedigree. En effet, comment parler de faute s'il n'y a pas de sanction?

Les propos ont été sortis de leur contexte.
Cet alibi est vieux comme la politique. Il est valable lorsqu'un élément est extrait d'un tout. Uniquement. Or concernant les propos de Blaquart, Blanc et Mombaerts il n'y pas d'extraction du contexte car tout l'enregistrement a été retranscrit dans la presse. Il n'y a pas d'avantage de déformation des propos car à ma connaisance les bandes n'ont pas été trafiquées. D'ailleurs s'il y avait le moindre doute sur l'authenticité du verbatim les avocats de la FFF auraient fait assaut d'effets de manche. Or ce n'est pas le cas.

Les quotas non pas été appliqués.
Aucune instruction écrite n'a été donnée. Rien n'a été statué. De fait si ces quotas ont été appliqués il sera difficile de trouver des preuves écrites. Toutefois si l'on s'en remet à ce qui a été évoqué durant cette fameuse réunion l'Olympique Lyonnais le ferait systématiquement et l'OM lui aurait emboité le pas. C'est Mombaerts qui le dit. Pourquoi mentirait-il? Si l'on considère que les propos tenus durant la réunion sont vrais il n'y aucune raison de faire une exception pour ceux-ci.

Mediapart est illégitime.
De tous les arguments c'est certainement le plus extravagant. Lorsque l'Equipe a rendu public "les propos" de Nicolas Anelka dans les vestiaires français, tout le monde a considéré que cela était vrai et personne n'a fait de procès en illégitimité et en sédition au quotidien. Pourtant il n'avait aucune preuve matériel. Les propos d'Anelka n'ayant pas été enregistrés.
Dans son cas Mediapart dispose de davantage de témoins, de preuves solides que l'Equipe; et pourtant on lui fait un procès que personne n'a osé faire au quotidien sportif. Aberrant!
Certes le journal en ligne cherche peut-être à faire le buzz, à élever le nombre de ses abonnés. Mais ce n'est pas un mal! Quel patron de presse a pour but de ne pas vendre son journal? Il n'y a qu'un seul préalable : la véracité des informations. Et à ce niveau-là, il me semble que Mediapart n'est pas attaquable.

La suite au prochain épisode...

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